vendredi 3 août 2007

Note pour plus tard

J'ai une très mauvaise influence sur moi-même.

mercredi 1 août 2007

Un type bien : Didier Super

Rien ne m'autorise à dire que Didier Super est un type bien, je dois le reconnaître. Je vous en laisse juge, si ça vous chante. Je jette en pâture à votre sens critique acéré les aphorismes suivants (que Wikipédia lui attribue, et que j'ai effectivement retrouvé sur son site, donc il ne craint pas de se les attribuer lui-même, l'immodeste!):
"Le football c'est sûrement le seul sport qui se pratique assis devant la télé avec une bière à la main"

"Le racisme c'est quand tu prends pas la peine de connaitre la personne pour la détester"

"On se demande bien comment ils arrivent à avoir d'aussi belles bagnoles sans jamais travailler, ...tous ces ministres"

"Pour régler le problème de la surpopulation, il faut rendre l'orgasme féminin indispensable à la reproduction"

"Aime les cons, et tu t'aimeras toi même"
Ce monsieur ne s'est pas contenté de réfléchir, il a aussi écrit et interprété plein de chansons géniales, comme "y en a des biens", "Nouveau président" par le chanteur masqué, "Misère Joyeuse" etc...

J'aime son mauvais esprit, je le confesse, je suis moi aussi un "réactionnaire" primaire, et puis il a le mérite de dire souvent la vérité avec une aisance déconcertante...

lundi 23 juillet 2007

dimanche 22 juillet 2007

Intention et vérité

Je livre ici une simple idée, qu'il me faudra sans doute développer et remettre en question par la suite, mais que je formulerai comme suit pour l'instant :

Il manque à la part majeure de l'humanité, et je m'y inclus, une discipline intérieure qui lui permettrait, au moment de poser un acte ou d'émettre un jugement, de faire une sorte de retour en soi-même qui comprendrait les moments suivants (dans le désordre ou dans le bon ordre, je ne sais pas):

- prendre conscience du trouble qui nous pousse à agir ou à penser telle chose, et du fait que cet acte est le signe d'un trouble réel ;
- s'efforcer de se tenir sur le sommet de soi-même, à la lisière entre soi et le monde, et laisser mûrir la vision d'ensemble qui s'impose ;
- revenir au coeur de l'intention qui initia la réaction qu'on a perçu en soi, et formuler d'abord cette intention avant toute chose ;
- revenir constamment à cette intention, afin de mieux pouvoir l'affiner, la travailler, en comprendre les ressorts, en dénouer les noeuds.

Ainsi en tous cas de toute pensée ou de tout acte de révolte, d'indignation, de peur, etc...

En ce qui me concerne, même si je suis fatigué, je dirais en me prêtant une première fois à l'exercice :

Je voudrais parvenir à la fusion, l'union et l'harmonie entre ma personne, ses diverses instances d'une part, et le monde et ses diverses instances d'autre part, avec pour souci d'épouser ce qui le fait, et de l'harmoniser dans la mesure du possible à son tour ; je voudrais cesser de souffrir et permettre que les souffrants s'apaisent et guérissent.

Je me permets d'énoncer ce désir premier intérieur très général et flou dans la perspective de mieux pouvoir le développer par la suite, en déceler tous les contours et détours, en questionner l'utilité, la légitimité, la faisabilité, etc...

Voilà tout ce que je peux dire à ce propos pour l'heure...

Comprendre le terrorisme islamiste

Il est suffisamment rare de lire des gens qui comprennent la nature précise du terrorisme et ce qui le sépare de l'Islam, même dans ses formes les plus réactionnaires. Raison pour laquelle je me permets de reprendre ces propos de Marcel Gauchet, dans une interview accordée à une revue de psychologie, à l'occasion sans doute de la parution de son ouvrage La psychologie de l'homme de l'égalité :
"Il est bon de se poser la question de la possible disparition de l'individu. Le terrorisme, en ce sens, interroge la démocratie. Il nous offre une sorte de miroir inversé. Je dirais qu'un terroriste, pour aller vite, est quelqu'un qui est dans l'univers de la démocratie malgré lui, et qui le hait. Le terrorisme n'est pas un comportement traditionnel. Le comportement traditionnel est celui des paysans, comme on en voit dans tous les pays du Sud, qui, terrorisés par les innovations qui leur tombent dessus de partout, essaient de se cramponner à leurs usages, en essayant de contrôler les opérations, en en prenant le moins possible pour ne pas être altérés dans leur culture. Ils ne veulent pas être des individus et tiennent au contraire énormément au cadre coutumier, collectif, communautaire, dans lequel ils vivent. Les terroristes, au contraire, sont des individus, hyper-occidentaux, hyper-modernes, et même postmodernes à certains égards. On leur a inoculé le virus, malgré eux et via la technique notamment. On le sait, beaucoup d'entre eux ont des profils typiques de gens formés à la science, à la rationalité, aux techniques occidentales : pilotage des avions par exemple. Evidemment, en rupture avec leur propre culture, ils se conduisent comme des individus. Ce sont des gens qui sont à la fois extrêmes religieusement et absolument non conformes aux canons de leur culture d'origine. C'est donc un mauvais procès de reprocher le terrorisme à l'Islam parce que, à mon avis, il n'y peut pas grand-chose. S'ils se réclament de l'islam, le prophète n'avait pas prévu des cas de ce genre. Ils sont en quelque sorte anarchiques par rapport à leur culture d'origine, dans le sens trivial du mot. Et, en même temps, ils haïssent ce monde dans lequel ils sont obligés d'entrer."
Voilà qui pourrait fournir une explication, d'après moi, au fait qu'il soit si difficile aux musulmans de s'exprimer à ce sujet ou de condamner le terrorisme. C'est parce qu'il s'agit d'un phénomène que pour la plupart ils ne comprennent pas, mais se refusent à condamner dans la mesure où ils en perçoivent tout le pathologique et l'absurdité de manière frappante, un peu comme les serial killers ou les massacres aveugles perpétrés par des adolescents en Occident (Columbine et autres). L'intégrisme islamiste serait si vous voulez l'équivalent d'une forme de mouvement "punk" nihiliste de l'aire islamique contemporaine, et le terrorisme en serait en quelque sorte sa forme guerrière. Il ne s'agit pas pour moi par là de vouloir réduire des centaines de milliers d'êtres humains à une bande d'imbécile nihilistes et grégaires, comprenez-moi bien. Je m'efforce juste de traduire pour "l'occidental moyen" (et me traduire donc aussi bien à moi-même, musulman d'Europe), et en termes pseudo-sociologiques, je le reconnais, ce que pourrait être le regard que porte une part importante des musulmans de la planète sur ce phénomène récent et déroutant.

vendredi 20 juillet 2007

Résolution en prévision de mes prochaines adresses aux scientifiques

Je prépare une série de "billets" plus ou moins cohérents à propos de certains "concepts scientifiques" (ou idées) fréquemment invoqués, et que je tente d'examiner, et de faire réexaminer par certains scientifiques, en particulier par ceux qui en font l'usage le plus naïf et non-critique. Je sentais que toute l'affaire grondait suffisamment en moi pour que les salves qui se préparaient en mon chef borné et hargneux dégénèrent en une imbécile imprécation, lorsque mon désir déjà naissant d'apaisement rencontra les lignes suivantes, lues dans une vieille interview (1999?) d'Isabelle STENGERS par l'Huma :
"Dans le tome VII de Cosmopolitiques, j’ai noté que lorsqu’on s’adresse aux membres d’un groupe qui n’est pas le vôtre, on peut comprendre quelque chose de leurs rêves, de leurs ambitions, et de leurs peurs. Mais il ne faut pas croire qu’on peut prendre les risques à leur place. C’est sur cette attitude que repose, depuis, mon principe d’adresse aux scientifiques : ne jamais leur dire " tu devrais ", ou " tu pourrais faire ", mais essayer de comprendre ce qu’ils font à partir de leurs rêves et de leurs peurs."
Je fais le voeu de me plier autant que je le pourrai à ce doux rappel à l'ordre lors de mes prochaines adresses et doléances...

mercredi 18 juillet 2007

Bernanos dans les limbes

Perdu quelque part sur ce site fort sympathique, je suis tombé sur cette citation de Georges Bernanos : "L'intellectuel est si souvent un imbécile que nous devrions toujours le tenir pour tel, jusqu'à ce qu'il nous ait prouvé le contraire", que je n'ai pas résisté à reproduire ici. Je crois que ceci intègrera sans doute très prochainement mon "petit mot d'excuse" (à gauche, en entrant), tant j'y adhère de toutes mes forces. Je tiens à vous avertir en effet, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, que je suis, bien malgré moi, cet intellectuel ainsi que cet imbécile. Cet état de chose étant, je voudrais profiter de cette modeste publication pour tenter de m'amender, par l'exercice quotidien de mes facultés, mais aussi et surtout dans l'espoir fou que la tension née de cet exercice pourrait me préparer à une grâce ou une rédemption, même partielle, même minime...